Tendances

Consommer sans limite, une nouvelle attente des clients

Publié le 2/02/2017

Les formules d’abonnement à volonté séduisent et gagnent tous les secteurs : voyage, hôtellerie, mode… La location en illimité devient aussi une façon de consommer du luxe, non pas comme un pis-aller à la propriété, mais comme une expérience synonyme de plus de liberté et d’opulence. Le point sur ces nouvelles offres qui décoiffent.

179 € par mois pour consommer le TGV comme un forfait de téléphone illimité

Netflix pour les séries, la carte UGC pour le cinéma, Deezer, Spotify et bien d’autres pour la musique, des forfaits illimités pour la téléphonie mobile et les box Internet… Une nouvelle culture a émergé dans les modes de consommation : l’abonnement pour un usage illimité. Ces derniers mois, les offres se sont multipliées, gagnant de nouveaux secteurs. Dernier exemple en date : le lancement par la SNCF, le 25 janvier dernier, d’une carte TGV Max permettant aux 16-27 ans de voyager de façon illimitée dans les TGV et Intercités moyennant 79 € d’abonnement mensuel.

L’enjeu pour la SNCF : reconquérir les jeunes qui se détournent du train au profit du covoiturage et des bus longues distances, des alternatives moins chères. « Les études qualitatives ont convaincu la direction de la SNCF que les jeunes veulent pouvoir ‘consommer’ du train comme ils le font avec leur téléphone portable ou leur carte de cinéma : en illimité », écrivent Les Échos.

Plus d’infos : Les ÉchosChallenges

289 $ par mois pour partager un Uber à volonté à Manhattan

Depuis 2015, New York compte plus de voitures Uber que de taxis jaunes. Mais l’entreprise continue d’imaginer sans cesse de nouveaux services pour accroître sa présence. En octobre dernier, Uber a ainsi lancé une offre de trajets illimités avec UberPool, le service de partage d’un VTC avec d’autres passagers allant dans la même direction.

Ce forfait permettant de se déplacer à volonté affiche un tarif vraiment très bas : 59 $ pour un abonnement de deux semaines, 89 $ pour quatre semaines. Certes, quelques restrictions s’appliquent : cette offre ne concerne que les trajets en semaine, entre 6 heures et 20 heures, et uniquement à Manhattan, les courses ne devant pas aller au-delà de la 125e rue. Mais, comme l’indique Uber sur son site web, « it’s a crazy good deal ».

Le magazine Time Out a fait les comptes : cette offre d’Uber est moins chère que le métro ! La MetroCard coûte en effet 116,50 $ par mois. « Comment Uber fait-il pour ne pas perdre d’argent ? », s’interroge Time Out. Uber présente d’ailleurs ce forfait illimité comme étant toujours en version bêta, précisant que les tarifs pourraient évoluer à l’avenir. Depuis le lancement de l’offre, les prix ont effectivement bougé : ils ont baissé !

Plus d’infos : Uber New YorkTime Out

31 500 $ par mois pour prendre l’avion aussi souvent que l’on veut

L’avion en illimité pour 1 500 $ par mois. C’est le forfait de base proposé aux États-Unis par la startup OneGo. Pour ce prix, les déplacements s’effectuent bien sûr en classe économique, et il faut réserver 7 jours à l’avance. Mais les trajets se font sur les plus grandes compagnies aériennes américaines (American Airlines, Delta, United Airlines, etc.), qui trouvent là un moyen supplémentaire de remplir leurs vols.

OneGo cible essentiellement les entreprises qui envoient régulièrement des salariés sur le terrain. Elle propose aussi plusieurs options en supplément permettant, par exemple, de réserver des vols à la dernière minute.

Plus d’infos : BFM Business

4139 € par mois pour bénéficier de l’hôtel à volonté en France

Deux jeunes entrepreneurs français ont lancé en novembre dernier le site Supertripper« le tout premier au monde à proposer des chambres d’hôtel selon la formule d’un abonnement illimité », indique Le Parisien. Supertripper propose ainsi 3 types d’abonnements. Le moins cher permet pour 139 € par mois, avec un engagement de six mois, de réserver une chambre pour deux personnes dans une sélection d’hôtels 2 ou 3 étoiles. Pour 259 € par mois, les portes d’établissements 4 étoiles s’ouvrent et, pour 699 € mensuels, c’est le luxe de l’hôtellerie 5 étoiles et des châteaux-hôtels qui est à portée de main.

Il y a bien sûr des limites à cette promesse d’illimité. Supertripper propose des chambres que les hôtels n’ont pas réussi à louer au tarif plein. Le risque est donc réel de ne pas avoir de disponibilité aux dates et dans la ville recherchées. Et il n’est pas possible de réserver plus de 5 nuits consécutives. « Le système peut convenir à des couples de retraités qui ont beaucoup de temps pour voyager mais pas forcément les moyens de séjourner à l’hôtel », illustre Maxime Pialat, 25 ans, l’un des fondateurs du site.

« Un demi-millier d’établissements sont pour l’instant réservables en France et en Europe », précise Le Parisien. Le site affiche de grandes ambitions et cherche à se rapprocher d’une centrale de réservation pour accroître son offre de chambres disponibles.

Plus d’infos : Le Parisien

533 € par mois pour aller voir des concerts en illimité à Paris

La musique s’écoutant désormais de plus en plus grâce à des offres de streaming à volonté, pourquoi ne pas imaginer un forfait illimité pour assister à des concerts ? C’est ce que propose la startup Guestme depuis le mois d’octobre dernier à Paris. Pour 33 € par mois (60 € pour 2), sans engagement, les abonnés ont accès chaque jour à un catalogue de concerts et de soirées, publié à J-2 des événements.

Pour ce prix, ne comptez pas aller voir Beyoncé à Bercy (même si Guestme a proposé à ses abonnés des places pour Placebo à l’AccorHotels Arena). La startup propose une programmation indie-rock et électro, avec des artistes comme Jeanne Added, Nouvelle Vague, Radio Elvis ou encore Mr. Oizo pour les plus connus. Outre la possibilité de faire découvrir de jeunes groupes à un public de passionnés, les organisateurs de concert trouvent avec Guestme le moyen de remplir des événements qui ne font pas salle comble.

Plus d’infos : Maddyness

6120 € par mois pour s’abonner au « Netflix de la mode »

Début janvier, Le Monde s’est penché sur le phénomène de la mode sur abonnement, « Louer plutôt qu’acheter » (édition abonnés). En France, le pionnier de la location de vêtements s’appelle L’Habibliothèque. En septembre 2016, le site a fait évoluer son offre vers une formule illimitée à 149 € par mois, qui permet d’avoir trois pièces de créateurs en permanence dans son dressing. L’abonnée reçoit les vêtements chez elle (par coursier à Paris et Colissimo en province) et peut les échanger à sa guise, à tout moment, contre d’autres articles. Le pressing est compris dans le tarif, comme une assurance en cas d’accroc. Cette nouvelle offre « a fait décoller la demande », écrit Le Monde« et le site affiche depuis une moyenne de 300 inscriptions mensuelles ».

D’autres concurrents sont apparus, comme Panoply« Certains parlent déjà de Panoply comme du ‘Netflix de la mode’, taillé pour changer profondément le rapport des Françaises à une mode créative, haut de gamme et exigeante, et bouleverser leurs habitudes de consommation », s’enthousiasme le quotidien. Son principe d’abonnement est assez proche de celui de L’Habibliothèque, avec des forfaits de 120 €, 200 € ou 400 € mensuels. Lancé en octobre dernier, le site enregistrait début janvier 380 locations, avec un objectif de 1 000 à 1 500 clientes d’ici à la fin 2017.

Le nombre d’abonnées à ces sites de location peut sembler modeste, mais tous les acteurs de la mode observent attentivement le phénomène. Le groupe Galeries Lafayette a par exemple testé ce type de service dans ses magasins en accueillant des corners éphémères L’Habibliothèque. « C’est une chance pour notre commerce car le marché de l’habillement, très mature et concurrentiel, est à la peine », explique Elisabeth Cazorla, directrice du prêt-à-porter du groupe Galeries Lafayette. « Il manque de dynamisme et de surprise. Or, la location peut redonner aux femmes de l’appétit pour la mode. En tant que grand magasin, ces nouveaux comportements et usages nous font réfléchir, nous ne pouvons pas les ignorer. »

Plus d’infos : Le Monde (édition abonnés)

71 500 $ par mois pour conduire la Cadillac de son choix et en changer à volonté

Un dernier exemple pour montrer que l’abonnement en illimité gagne tous les secteurs, pouvant même devenir un des ressorts de la consommation du luxe : Cadillac, la marque haut de gamme du groupe General Motors, lance un abonnement mensuel de 1 500 $ permettant de conduire le modèle de son choix au sein de la gamme premium du constructeur.

L’abonné choisit, via une appli, la voiture qui convient à ses besoins du moment, comme un SUV pour partir en vacances à la montagne ou une berline plus citadine. Le véhicule lui est livré par un concierge « en gants blancs » à l’endroit et au moment de son choix. Il conserve la voiture aussi longtemps qu’il le souhaite, et change tout aussi facilement de modèle. Assurance, entretien, frais de nettoyage… Tout est compris dans le forfait, sauf le carburant et les éventuelles contraventions.

Ce service, intitulé Book by Cadillac, n’est pour l’instant disponible que dans la région de New York. Mais la marque annonce réfléchir à son extension à d’autres secteurs.

Plus d’infos : Le Hub de La Poste