Tendances

Face à Uber et BlaBlaCar, l’automobile se réinvente dans les services

Publié le 1/12/2016

Demain, nous pourrions ne plus acheter une voiture, mais choisir un écosystème de mobilité. Dès aujourd’hui, les constructeurs boostent leurs véhicules à grand renfort de services connectés, pour emmener la voiture en révision ou faire le plein à la place du conducteur. Mais les industriels intègrent aussi les nouvelles façons de consommer la voiture, en autopartage ou en covoiturage.

1Volvo lance un service de conciergerie pour s’occuper au quotidien de la voiture de ses clients

Volvo vient d’annoncer, mi-novembre, qu’il lançait en Californie un programme pilote de conciergerie. Trois cents propriétaires d’une XC90 ou d’une S90 (en photo) vivant à San Francisco vont participer à l’expérimentation, profitant de nouveaux services intégrés à l’application « Volvo On Call ». Ce qui va changer pour eux ? Ils n’auront plus à faire le plein, à laver leur voiture ni à l’emmener en révision ! Désormais, des partenaires de Volvo pourront prendre en charge toutes ces tâches, ces prestations étant gérées via l’application mobile de Volvo.

« Imaginez-vous garer votre voiture le matin au bureau et, au moment de rentrer chez vous, retrouver une voiture révisée et lavée avec le plein de carburant », illustre Björn Annwall, vice-président senior en charge de l’expérience utilisateur globale de Volvo.

Ce service de conciergerie est rendu possible car, à partir de 2017, les nouveaux modèles de Volvo seront tous équipés d’une clé numérique logée dans une application mobile. Autrement dit, le smartphone va remplacer tout ce que faisait la clé physique. En cas d’intervention extérieure, l’application génère une clé numérique à usage unique, puis l’envoie au prestataire de services. Une fois les prestations effectuées, la voiture est verrouillée et la clé numérique expire.

Plus d’infos : L’Auto-Journal

2Bentley fait déjà ravitailler ses clients en essence où qu’ils soient

Faire ravitailler sa voiture en essence où que l’on soit, sans ne plus avoir à passer à la station-service… Ce service peut sembler étonnant, mais il a le vent en poupe en Californie. Il y est proposé par une startup, Filld, qui a levé plus de 3 millions de dollars l’an dernier. Partenaire de Volvo On Call, Filld avait déjà signé un partenariat équivalent avec Bentley.

Les clients de la marque peuvent ainsi faire leur demande de plein grâce à une application « Filld for Bentley », où ils indiquent l’horaire du rendez-vous, sans avoir à attendre à côté. Les pompistes de la start-up ont accès à la géolocalisation du véhicule et interviennent avec un petit camion citerne pour une somme assez modique (3 à 5 dollars de frais par plein de carburant). Le service est disponible 24h/24 et 7j/7.

Plus d’infos : L’Usine Digitale

3DS mise sur des services premium pour que les clients soient accueillis « comme dans un palace parisien »

Pas besoin d’aller jusqu’en Californie pour voir un constructeur doper son offre grâce à des services. DS, la marque premium du groupe PSA, vient d’annoncer le lancement d’un programme VIP intitulé « Only You », qui sera déployé au cours des deux prochaines années. « Il faut le reconnaître, aujourd’hui, aller chez un concessionnaire c’est un peu comme aller chez le dentiste, cela ne fait pas vraiment plaisir », lance dans le magazine Capital Yves Bonnefont, directeur général de DS. « Nous voulons changer cette perception et faire en sorte que chez DS, les clients soient accueillis comme dans un palace parisien. »

Les clients auront ainsi le choix entre se rendre dans un DS Store ou faire venir DS chez eux. Pour une révision, un service de « pick up and delivery » (70 € à Paris, 50 € en province) prévoit par exemple la venue d’un voiturier à l’adresse de son choix pour récupérer la voiture, et la ramener une fois les travaux effectués. Pour répondre à tous les besoins des clients, le call center de la marque voit par ailleurs ses horaires élargis, de 8h à 22 h.

D’autres services sont mis en place, comme une assistance haut de gamme gratuite en cas d’incident, disponible 24h/24 et 7j/7 en France et en Europe, ou encore un système de « valet parking » en collaboration avec des startups spécialisées dans plusieurs grandes capitales, à commencer par Paris : il suffit de fixer une heure et un lieu de rendez-vous et un voiturier vient prendre la voiture en charge pour la garer, et la ramène à l’heure voulue.

Plus d’infos : Capital

4Nissan s’inspire de l’économie du partage pour proposer une nouvelle façon de posséder une voiture à Paris

A partir de la mi-décembre 2016, Nissan lance à Paris une nouvelle façon d’avoir l’usage d’une voiture : la marque va proposer aux conducteurs de former des groupes de colocation qui se partageront un véhicule. Les personnes intéressées seront invitées à s’inscrire sur un site dédié, en indiquant leur adresse et le type d’usage qu’ils comptent faire de la voiture. Un algorithme définira alors des groupes de conducteurs aux besoins complémentaires, et Nissan leur proposera de louer ensemble une Nissan Micra flambant neuve (en photo) durant un an.

Nissan envisage de limiter les groupes à 5 colocataires, avec un minimum de 3. « Au-delà, il semble difficile de concilier les impératifs de la vie de chacun ; en-deçà, l’opération n’offre plus guère d’intérêt économique », écrit le magazine Challenges. Un loyer mensuel couvrira l’ensemble des dépenses, y compris l’assurance et l’entretien, et la contribution de chacun sera calculée en fonction de la fréquence d’utilisation du véhicule.

Au quotidien, une application permettra de gérer la répartition de la voiture entre les colocataires. Chacun y indiquera ses besoins dans un planning, sachant que le temps d’utilisation devra être équitable et que le kilométrage ne devra pas dépasser 15 000 km par an et par utilisateur. C’est aussi grâce à cette application que les membres pourront géolocaliser la voiture, ouvrir la Micra sans la clé et communiquer avec les autres membres.

Pour Carlos Ghosn, PDG de Nissan, « nous faisons un pas en avant vers la mobilité du futur où l’utilisation automobile offre plus de souplesse, de sociabilité et de partage ». Les premières voitures utilisant ce mode de colocation, intitulé Nissan Intelligent Get & Go, devraient entrer en circulation à partir d’avril 2017.

Plus d’infos : Challenges

5BMW déploie un service concurrent d’Uber

L’initiative de Nissan correspond à un mouvement de fond dans l’industrie automobile. Les constructeurs s’adaptent aux nouvelles attentes des automobilistes, de moins en moins attachés à la pleine propriété de leur voiture. BMW en donne une autre illustration. La réponse du groupe à ces nouveaux usages s’appelle ReachNow. Cette filiale du constructeur allemand, lancée en avril 2016 à Seattle, regroupe un ensemble de services liés à l’autopartage. Grâce à une application mobile, ReachNow permet ainsi de mettre sa voiture en location, ou d’en louer une auprès de propriétaires de BMW ou de Mini (qui appartient au même groupe).

Ce 8 décembre 2016, BMW franchit une étape supplémentaire en dotant ReachNow d’un nouveau service, intitulé Ride. Il s’agit d’une offre directement concurrente à Uber. Le principe est exactement le même : pouvoir commander une voiture (une BMW bien sûr !) avec chauffeur, pour un trajet dont le prix est connu à l’avance. Une fois dans le véhicule, l’application permet de personnaliser son voyage en sélectionnant la température, la musique, ou encore avec l’option « Ne pas déranger ». Ce service sera d’abord disponible à Seattle pour une version pilote, avant de s’étendre à d’autres villes.

La plupart des constructeurs automobiles développent des initiatives de ce genre. Leurs nouvelles marques ne concernent d’ailleurs plus des voitures, mais des services de mobilité. Comme Free2Move de PSA dédiée à l’autopartage et au covoiturage, ou encore Maven de General Motors, qui regroupe toutes les initiatives du groupe consacrées aux nouvelles mobilités.

Plus d’infos : Le Point

6Fiat Chrysler s’associe à Google pour la mise au point d’une voiture autonome

Il y a encore quelques années, cela pouvait ressembler à de la science-fiction, et pourtant le véhicule autonome, sans conducteur, sort des bureaux d’étude et entame ses tests sur l’asphalte. Tous les constructeurs traditionnels développent leur projet de voiture pilotée par intelligence artificielle. Uber est aussi sur les rangs, sans oublier naturellement Google. Le géant du web travaille sur son propre véhicule, la Google Car, une voiture électrique qu’il a entièrement conçue. Mais il cherchait aussi un partenaire industriel pour se concentrer sur l’intelligence de bord. Le groupe Fiat Chrysler Automobiles (FCA), qui était le constructeur moins avancé dans l’élaboration d’une voiture autonome, a accepté la proposition de Google.

Un peu avant l’été, FCA a fourni à Google 100 monospaces hybrides Chrysler Pacifica (en photo) pour les convertir en véhicules autonomes. Les premières voitures ainsi transformées ont été aperçues en octobre dernier à Mountain View, près du siège de Google. Signe que le partenariat avance vite. L’objectif est aussi de ne pas se faire distancer par un autre acteur, Tesla, qui est déjà en train de préparer le coup d’après (voir ci-dessous).

Plus d’infos : Les EchosElectrek

7Tesla interdira d’utiliser ses voitures autonomes avec BlaBlaCar ou Uber

Le constructeur américain Tesla est aux avant-postes à la fois de la voiture électrique et de la voiture autonome. Il vient même d’annoncer que, désormais, les voitures qui sortaient de ses usines étaient équipées de l’ensemble des capteurs, caméras et capacités de calcul nécessaires pour en faire des véhicules 100 % autonomes, même si la réglementation l’interdit encore. Mais Tesla prévient aussi déjà ses clients : ils ne pourront pas utiliser la conduite autonome sur des plateformes de covoiturage ou de transports à la demande, comme Uber ou BlaBlaCar.

Pas question, par exemple, d’acheter une Model S (en photo) avec l’objectif de l’inscrire un jour sur Uber pour qu’elle aille chercher et déposer toute seule des clients. Pourquoi cette interdiction ? Car la marque est en train de mettre au point son propre réseau ! Les propriétaires d’une Tesla pourront bien louer leur voiture autonome pour des services de VTC, mais ils devront le faire dans le cadre de la plateforme que proposera Tesla. À l’avenir, acheter un véhicule pourrait aussi signifier choisir un écosystème de mobilité.

Plus d’infos : Numerama