Tendances

Les nouvelles interfaces pour un commerce sans couture

Publié le 4/06/2015

Les initiatives se multiplient pour rendre l’acte d’achat le plus facile possible : dans la salle de bains en appuyant sur un bouton pour lancer une commande, sur Twitter en envoyant juste une émoticône, depuis son téléphone uniquement avec un SMS… Amazon permet même de passer commande simplement en énonçant l’article que l’on souhaite. Mais attention à ce que la machine à café n’ait pas déjà lancé la livraison ! Voici les dernières innovations qui revisitent l’expérience d’achat.

1Pour commander une pizza chez Domino’s, il suffit de tweeter une émoticône

Comment rendre la commande d’une pizza la plus facile possible ? C’est une question clé pour Domino’s Pizza qui, face à la concurrence, veut proposer l’expérience d’achat la plus rapide et la plus fluide qui soit. Dernière solution trouvée par la marque : la commande de pizza par un tweet, en envoyant juste l’émoticône pizza (les émoticônes, emoji en japonais, désignent les symboles graphiques successeurs du smiley).

Depuis le 20 mai dernier aux Etats-Unis, il suffit donc d’envoyer une émoticône au compte Twitter @Dominos pour déclencher la commande d’une pizza. Une seule contrainte : le client doit avoir créé auparavant un compte sur le site Dominos.com, où il a indiqué son adresse, ses coordonnées bancaires, et sa pizza préférée (celle qui sera livrée par défaut).

Cette initiative est gagnante à plus d’un titre pour Domino’s Pizza : la commande est simplifiée au maximum, grâce à un mode de communication en affinité avec une cible jeune et qui apporte à la marque une visibilité constante sur Twitter (les followers voient en effet passer les commandes sur le réseau social). En plus, l’initiative a suscité de nombreux articles, vantant l’originalité de la démarche.

Plus d’infos : L’Express

2Echo d’Amazon propose de passer commande simplement en énonçant l’article recherché

En novembre 2014, Amazon a lancé l’assistant personnel Echo. La mission initiale de ce cylindre de 23 centimètres : répondre à toutes les questions qui peuvent se poser dans un foyer. Echo est en veille permanente et l’utilisateur l’active en l’appelant « Alexa ». Il peut alors lui faire toutes sortes de demandes : « Alexa, quel temps fera-t-il demain ? », « Alexa, réveille-moi à 7h00 », « Alexa, joue-moi de la musique », etc. L’appareil peut même raconter des blagues ! Le 14 mai dernier, Amazon a réalisé une mise à jour importante du logiciel : Echo permet désormais aux abonnés Amazon Prime (le service de livraison premium) de passer des commandes.

Pour l’instant, Amazon présente cette fonctionnalité comme un moyen de racheter un produit souvent commandé. Il manque de la lessive ? Il suffit de dire « Alexa, commande de la lessive ». Echo cherche dans l’historique d’achat la référence exacte et annonce « Le prix est de tant. Dois-je le commander ? ». En cas de réponse positive, le produit est livré gratuitement deux jours après. L’ordre d’achat peut être protégé, ou pas, par un code de confirmation orale, et il reste possible d’annuler une commande avant sa livraison. A terme, Echo pourrait permettre de commander tout type d’articles, pas uniquement des réapprovisionnements, mais aussi des achats d’impulsion.

De nombreux utilisateurs d’Echo, vendu 149 $ avec l’abonnement Amazon Prime, soulignent la bonne qualité de la reconnaissance vocale, l’appareil s’adaptant même progressivement à la façon de parler de chacun. Reste que l’appareil écoute en permanence ce qui se dit dans le foyer… Amazon précise qu’il n’est actif que lorsque qu’on le « réveille » avec le nom de code « Alexa ». Difficile toutefois de ne pas s’interroger sur le respect de l’intimité et de la vie privée. En écoutant les conversations de la famille, il devient facile de pouvoir faire des recommandations d’achats, comme proposer un voyage quand l’appareil entend « envie de soleil » ou des produits de régime quand quelqu’un lance « je suis trop gros ».

Plus d’infos : Journal du NetBoston Herald

3Une pression sur un bouton Dash dans la maison et la commande d’un produit est lancée

Echo n’est pas la seule interface sur laquelle travaille Amazon pour fluidifier le processus de commande. En avril 2014, en Californie, le géant du e-commerce a lancé Amazon Dash, une sorte de zapette permettant de scanner le code barre d’un produit pour en déclencher le réapprovisionnement. Un système équivalent a vu le jour en France en début d’année, mis en place par Chronodrive sous le nom de Izy (lien ci-dessous).

En avril 2015, Amazon a repris le nom de Dash mais cette fois pour proposer des boutons permettant de commander des produits spécifiques. Réservés ici aussi aux membres d’Amazon Prime, ces boutons de la taille d’une clé USB se collent un peu partout dans le foyer. Un peu plus de 180 produits, d’une vingtaine de marques, sont concernés par les « Dash buttons ». Une pression sur le bouton, et la commande du produit est lancée (avec éventuellement la possibilité de valider les commandes avant leur envoi via une appli mobile).

Le principe est de coller le bouton Dash là ou l’on utilise le produit : le bouton Gillette pour les lames de rasoirs dans la salle de bains, le bouton Maxwell pour le café dans la cuisine, le bouton Huggies pour les couches là où on lange bébé, sans oublier le bouton pour le papier toilettes dans les WC.

Les « Dash buttons » sont gratuits, mais ne sont naturellement qu’une étape dans la simplification du parcours d’achat. Il n’est pas envisageable de transformer le foyer des consommateurs en supermarché rempli de boutons, chacun affecté à la commande d’un produit unique. La suite ? Cela pourrait être Echo, dont nous parlons ci-dessus. Cela pourrait être aussi la commande automatique de produits directement par les appareils présents dans le foyer, à découvrir juste après.

Plus d’infos : 01.netAmazon Dash, la télécommande qui remplace le CaddieChronodrive installe une zapette connectée dans la cuisine des Français

4Brita, Brother et Whirlpool proposeront des appareils qui commanderont les consommables

L’imprimante s’aperçoit qu’elle va bientôt manquer de toner et décide d’elle-même d’en lancer la commande, livrée dans les deux jours… Ce scénario est loin d’être de la science-fiction : Brother lancera des appareils équipés d’un tel système avant la fin de l’année. La marque d’imprimante utilisera la technologie mise au point par Amazon pour ses « Dash buttons » et intitulée Dash Replenishment Service (DRS).

Trois autres marques sont partenaires d’Amazon pour proposer des produits connectés qui commanderont eux-mêmes leurs consommables : Brita (pour le remplacement des filtres à eau), Whirlpool (pour le réapprovisionnement en consommables de ses machines) et Quirky. Cette start-up va proposer plusieurs objets, dont une machine à café fonctionnant avec du grain à moudre, qui sera automatiquement commandé quand un capteur détectera que le niveau du café devient trop bas.

Amazon annonce l’arrivée dès cet automne, aux Etats-Unis, des premiers appareils utilisant la technologie DRS. A voir si ce type d’objets avec un service intégré de commande séduira les consommateurs. Pour Amazon, cela pourrait constituer un marché considérable, renforçant plus encore sa position dans le commerce.

Plus d’infos : Amazon

5Nordstrom, une enseigne américaine de magasins de luxe, lance l’achat par SMS

Nordstrom compte 116 magasins aux Etats-Unis, proposant vêtements, chaussures et accessoires sur un créneau haut de gamme. L’enseigne mise sur une relation personnalisée avec ses clients. Elle offre notamment, sans engagement, un service de « personal shopper » : dans chacun de ses magasins, des stylistes reçoivent clients et clientes sur rendez-vous pour les conseiller dans leurs achats. Ce service s’est prolongé l’an dernier par un dispositif d’envoi de recommandations sur les smartphones : les personnal shoppers transmettent aux clients les photos de nouveaux articles arrivés en magasin pouvant correspondre à leurs goûts et à leur style.

Nouveauté depuis le 19 mai dernier : les clients de Nordstrom peuvent désormais acheter les suggestions qui leur sont envoyées simplement en répondant par SMS « buy », suivi du code de l’article choisi. Ce service, intitulé TextStyle, se veut à la fois sécurisé, reposant sur un système de communication privé et protégé et très simple. Pas besoin de chercher sa carte bleue, ni même d’ouvrir une application sur son mobile. Le paiement se fait automatiquement à partir des informations du compte client créé chez Nordstrom et la livraison est gratuite.

Plus d’infos : So Particular

6La première application pour faire ses courses en ligne avec une Apple Watch

Fin avril, le supermarché britannique en ligne Ocado revendiquait être la première enseigne au monde à lancer une application pour Apple Watch permettant de faire ses courses sur Internet. Ici aussi, un mot d’ordre : la facilité. Comme l’indique le directeur de la technologie d’Ocado, « nous avons développé cette application pour l’Apple Watch avec un objectif clair : permettre à nos clients de faire leur courses sur Ocado sans effort, sans même devoir utiliser leur téléphone ».

L’application utilise la commande vocale pour constituer la liste de courses : l’utilisateur dicte à la montre ce qu’il veut acheter. S’il prononce « milk », l’application lui suggère la référence de lait qu’il achète le plus souvent.

Pour aller encore plus vite, l’application propose un système intitulé « Instant Shop » : en se basant sur les précédentes commandes et les habitudes d’achat, Ocado « prédit » la liste de courses d’un client. Le consommateur n’a plus alors qu’à vérifier que cette liste correspond bien à ses attentes. Grâce à cette technologie utilisant le « machine learning », Ocado assure qu’il faut moins de 15 secondes pour passer commande.

Plus d’infos : Retail Gazette