Tendances

Retail augmenté : des applis s’immiscent au plus tôt du parcours client

Publié le 3/05/2018

Pour capter les consommateurs au plus vite, les marques développent de nouveaux services d’aide à l’achat. La réalité augmentée est à l’honneur, mais surtout le conseil. Zoom sur les initiatives de La Redoute, L’Oréal, Zara, Monoprix, E.Leclerc, etc.

1La Redoute va lancer son appli de réalité augmentée

Comment être sûr que ce canapé trouverait bien sa place dans le salon ? D’ici l’été, La Redoute va doter son appli d’une nouvelle fonctionnalité de réalité augmentée. « Concrètement, un client qui veut acheter un canapé, un tapis, une table basse ou encore un luminaire sur Redoute Intérieurs, notre marque propre, pourra le visualiser dans son salon au travers de son mobile », décrit dans le Journal du Net Éric Courteille, coprésident de La Redoute.

Le dirigeant inscrit ce nouvel outil dans l’histoire de la relation client de La Redoute : « Auparavant, le catalogue papier de La Redoute se voulait fédérateur dans les familles en France. Il suscitait des discussions autour de lui. Nous avons arrêté sa publication en 2015. (…) Grâce à la réalité augmentée, nous pourrons revenir à cette logique initiale : créer à nouveau de la discussion autour de nos produits dans les foyers. »

Ce type de service permettant de visualiser un meuble en 3D grâce à son smartphone est en passe de devenir un des nouveaux standards de l’expérience client, déjà proposé notamment par l’application Ikea Place (notre image d’illustration ci-dessus). Mais La Redoute entend proposer plus qu’une simple représentation virtuelle d’un objet. La fonctionnalité de réalité augmentée a vocation à être couplée avec un chatbot qui interrogera l’utilisateur sur le type de canapé qu’il souhaite (fixe ou convertible), sa matière, sa couleur, ses dimensions, le nombre de places désiré, etc., afin de lui proposer une liste restreinte de produits. « C’est une sorte de coach déco qui va vous aiguiller dans la recherche d’un meuble », expliquait La Mobilery, l’agence en charge du projet, à l’occasion de la présentation du prototype lors du salon Conext en octobre dernier à Lille.

2L’Oréal acquiert le leader du relooking 3D pour proposer un « beauty assistant »

Visualiser en réalité augmentée le rendu d’un rouge à lèvres ou d’un mascara… L’Oréal est convaincu du potentiel de ce genre de services. Le groupe vient ainsi de racheter ModiFace, le leader mondial de l’essayage virtuel de produits de beauté. « C’est la première fois que nous achetons une entreprise purement technologique, explique Lubomira Rochet, Chief Digital Officer de L’Oréal, citée par L’Usine DigitaleCette acquisition marque le début de la deuxième phase d’accélération digitale du groupe, après une première phase centrée sur l’e-commerce et l’omnicanalité. Il est impératif aujourd’hui de proposer un mix de produits et de services à nos clients. »

Les 70 ingénieurs de ModiFace intégreront la division R&D digitale du groupe, baptisée Digital Services Factory, qui travaille pour ses 34 marques. Ils travailleront avec le laboratoire de recherche avancée de L’Oréal pour mettre en place notamment un service de « beauty assistant » qui ira plus loin que le simple essayage virtuel : il pourra prodiguer des conseils ou faire des recommandations. 

Cet assistant apportant des conseils de beauté pourra être proposé sur des applications mobiles ou déployé en boutique, disponible sur des tablettes mises à disposition ou intégré à des miroirs connectés.

3Bientôt, des menus en réalité augmentée dans les restaurants ?  

Y aura-t-il, demain, un secteur qui ne sera pas concerné par l’émergence de la réalité augmentée ? Elle s’invite même dans nos assiettes ! Une startup, Kabaq, a développé une application permettant aux restaurants de faire apparaître leurs plats en 3D. Le système fonctionne soit directement dans le restaurant, pour aider les convives à faire leur choix et éviter toute mauvaise surprise, soit via les réseaux sociaux, en diffusant par exemple un code sur Snapchat pour visualiser un plat sur son téléphone avant de passer commande en ligne.

Un des intérêts de cette application « est de permettre de déchiffrer les menus lors d’un voyage à l’étranger », fait valoir le site Realite-virtuelle.com.

Mais cette innovation peut aussi être un outil marketing ludique et viral. C’est l’usage qu’en fait l’un des premiers clients de Kabaq, la chaîne de fast food Bareburger qui possède des restaurants aux États-Unis et à Dubaï. Depuis le 22 avril 2018, l’enseigne utilise la 3D comme support d’un jeu-concours, diffusant des coupons papier comprenant un Snapcode : pour recevoir gratuitement un hamburger ou une portion de frites, les clients doivent scanner ce code et diffuser une story sur Snapchat mettant en scène le plat en réalité augmentée (voir la vidéo ci-dessus).

4Chez Zara, les vitrines se mettent à la réalité augmentée

La réalité augmentée s’est aussi invitée le mois dernier dans les vitrines de 120 boutiques Zara dans le monde, notamment celle de la rue Saint-Honoré à Paris. Au premier abord, le passant ne voyait rien d’autre qu’une vitrine vide, avec le message « Shop the Look ». Il fallait télécharger l’application Zara AR pour voir apparaître des mannequins en mouvement, vêtues de la dernière collection de l’enseigne.

Au-delà de la dimension ludique, l’application permettait de passer commande des vêtements présentés en 3D. « Pratique pour ceux qui trouvent portes closes ou quand il n’y a plus sa taille dans la boutique », commente L’Obs qui voit dans cette initiative une « nouvelle ère pour les vitrines ». À l’avenir, le mannequin virtuel qui s’animera en vitrine pourrait être personnalisé, avec une morphologie, un âge et une ethnie correspondant au profil du client.

5Monoprix a trouvé la recette pour faire ses courses automatiquement

La réalité augmentée n’est pas le seul ressort pour engager les consommateurs au plus tôt de leur parcours d’achat grâce à une appli mobile. Depuis le 5 avril, Monoprix est associée à la startup Jow pour proposer à ses clients de remplir automatiquement leur liste de courses en fonction du profil de leur foyer, de leurs goûts et de leurs habitudes d’achats.

Concrètement, l’application Jow commence par poser plusieurs questions au consommateur pour mieux le connaître : nombre de personnes dans le foyer, âge des enfants, préférences culinaires, etc. Une fois ces données recueillies, l’appli propose une série de repas correspondant au profil de l’utilisateur, qu’il sélectionne selon ses envies. Et automatiquement, les ingrédients nécessaires pour chaque plat s’ajoutent à la liste de courses virtuelle, dans des quantités optimisées pour ne rien gaspiller. Pour chaque recette, le client dispose d’un tutoriel vidéo lui permettant de préparer le plat.

Pour le reste des courses (produits d’hygiène, céréales du matin…), Jow enregistre les préférences de ses utilisateurs et présente des icônes pour les ajouter en un clic à la liste de courses, précise le site LSA. Le client n’a plus qu’à valider sa commande sur Monoprix.fr. Pour l’instant, l’application Jow n’est disponible que sur iPhone, réservée aux clients de Paris et de sa proche banlieue.

Au-delà du gain de temps pour passer commande, ce partenariat entre Monoprix et Jow apporte une réponse pratique et originale à la question « Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? ». Un vrai service du quotidien, qui surfe sur la tendance des livraisons de kit-repas à cuisiner soi-même.

6E.Leclerc achète l’appli WineAdvisor et sa communauté d’amateurs de vin

Saviez-vous que le groupement E.Leclerc était le premier distributeur de vin en France ?

Grâce à ses 680 hypers dotés pour la plupart de belles caves à vins, à ses 619 drives et à un site marchand dédié, Macave.Leclerc, l’enseigne détient, en valeur, 20,2 % de parts de marché, rappelle Le Figaro.

Pour apporter encore plus de conseils, et pour capter les consommateurs au plus tôt de leur parcours d’achat, E.Leclerc vient de racheter WineAdvisor. Cette startup a développé une application mobile qui permet aux amateurs de bonnes bouteilles de noter les vins et de partager leurs impressions. Il suffit de prendre en photo l’étiquette d’une bouteille pour bénéficier des conseils de la communauté : grâce à la reconnaissance d’images, l’utilisateur accède à une fiche technique ainsi qu’aux notations et aux commentaires de ceux qui ont dégusté le vin.

Cette application, qui annonce une communauté de près de 600 000 utilisateurs, a déjà évalué 1,5 million de bouteilles. E.Leclerc entend développer cette jeune pousse pour en faire un point d’entrée permettant de booster ses ventes de vin.

7Perfumist, le « Tinder » du parfum !

Si une appli peut conseiller une bouteille de vin, pourquoi ne pourrait-elle pas conseiller un parfum ? C’est le pari de la startup Perfumist, incubée à Grasse (Alpes-Maritimes), souvent considérée comme la capitale mondiale du parfum.

Perfumist a créé un algorithme qui permet de trouver la fragrance qui se rapproche le plus des goûts de son utilisateur, explique le site 20minutes.fr. « Près de 50 % des parfums sont achetés pour des cadeaux, pointe Frédérick Besson, le créateur de l’entreprise. Si on entre dans un magasin et que l’on dit à la vendeuse qu’on souhaite un parfum pour sa grand-mère, elle n’aura pas d’autre indication que son âge et le budget. » Avec un choix d’autant plus compliqué que 2 500 nouveaux parfums sont mis sur le marché chaque année.

Le principe de l’appli Perfumist est de guider l’utilisateur en lui demandant d’indiquer le nom d’un parfum. L’appli cherche alors dans sa base de données, comportant 12 000 parfums, ceux qui contiennent les mêmes ingrédients. Bergamote, coriandre, bois de santal… « Une liste des parfums avec les correspondances les plus proches s’affiche, indiquant les pourcentages de matching », décrit Frédérick Besson.

Perfumist, qui revendique plus de 30 000 téléchargements, cherche son business model du côté notamment de la vente de services pour les réseaux de vente physiques. En début d’année, l’appli était en test à l’aéroport de Nice dans les boutiques Aelia Duty Free du groupe Lagardère « pour aider les vendeuses équipées de tablettes à vendre mieux », explique le fondateur dans Nice Matin. Nouvelle illustration que les ventes commencent désormais de plus en plus par les conseils proposés par une appli.