Repéré

Le Comptoir de Mathilde choisit ses emplacements grâce aux données de géolocalisation des mobiles

Publié le 1/07/2022

Quel est le meilleur endroit pour ouvrir un magasin ? Combien de personnes passeront devant la vitrine ? Quels jours, à quelle heure et avec quels profils ? Ces informations sont indispensables pour une enseigne comme Le Comptoir de Mathilde, spécialisée dans la chocolaterie et l’épicerie fine. Elle dispose déjà de plus de 130 points de vente et veut accélérer son maillage du territoire en développant son réseau de franchisés. L’enjeu est de sélectionner les meilleurs emplacements sans cannibaliser les boutiques existantes. Mais alors que les sites de e-commerce disposent d’une fantastique manne de data pour analyser les flux de visiteurs, les données sont bien plus réduites pour les commerces physiques. Pour améliorer sa visibilité et faire les bons choix, Le Comptoir de Mathilde s’est tourné vers la solution de la startup française MyTraffic, qui analyse les flux de personnes à partir des données anonymisées de géolocalisation des applications mobiles. 

Une nouvelle façon de travailler

MyTraffic achète en masse les informations de géolocalisation issues des smartphones et des applications mobiles, résume Le Monde. « Nos algorithmes analysent toutes ces données et les corrigent pour reconstituer les flux devant chaque adresse, jour après jour, heure après heure », explique Hakim Saadaoui, Directeur général et cofondateur de la société avec Gautier Machelon. « MyTraffic permet d’avoir une analyse théorique des flux, des comportements d’achat et des typologies de clients, qui nous donne une vraie lisibilité sur une implantation, souligne dans L’Usine Digitale Philippe Kratz, Directeur général adjoint du Comptoir de Mathilde. Bien sûr, il faut croiser ces données avec une visite sur place. Mais au lieu de faire deux ou trois déplacements par ville, je n’en fais plus qu’un, et je parviens à écrémer beaucoup de dossiers. Je sais en quelques minutes si je m’intéresse à un dossier ou non. Cela a totalement changé notre façon de travailler. »

L’enseigne ouvre une trentaine de boutiques par an, contre une vingtaine avant

Les outils qui existaient jusque-là, comme les études de géomarketing, sont beaucoup moins à jour et fiables que ces données en temps réel, estime Philippe Kratz. Souvent, le comptage à la main des piétons reste encore le premier indicateur sur lequel peuvent compter les enseignes. Avec MyTraffic, il est non seulement possible de connaître ce flux heure par heure, mais de savoir à quels types de clients il correspond (homme, femme, zone d’habitation, niveau de revenu…). Le service est facturé à la requête. Au global, pour une enseigne comme Le Comptoir de Mathilde, cela représente un budget de 15 000 à 25 000 euros par an, chiffre L’Usine Digitale. « Beaucoup moins cher qu’un développeur qui effectue plusieurs déplacements », commente Philippe Kratz. Sa société, qui réalisait jusque-là une vingtaine d’ouvertures de points de vente chaque année, en ouvre désormais une trentaine.

Repéré sur : L’Usine Digitale