Dossiers

5 nouvelles façons de conduire

Publié le 24/05/2018

Les constructeurs automobiles mettent le turbo pour expérimenter de nouveaux business models et se transformer en fournisseurs de mobilité. Objectif : répondre aux nouvelles attentes des conducteurs, et aussi se préparer aux mutations technologiques. D’ici 2030, les ventes de voitures neuves pourraient chuter de 32 % en raison de l’émergence des robots-taxis…

1General Motors veut créer le Airbnb des voitures

Selon Bloomberg, General Motors va lancer cet été un programme pilote sur le modèle d’Airbnb : les propriétaires d’un véhicule de la marque pourront le proposer en location quand ils ne l’utilisent pas. Le principe est exactement le même que celui de la location d’appartements ou de maisons entre particuliers.

La mise en relation se fera via la plateforme digitale de General Motors, baptisée Maven. Les voitures à louer seront géolocalisées sur cette appli. Et pas besoin d’échange de clés : les véhicules les plus récents peuvent s’ouvrir et démarrer grâce à un smartphone.

Cette expérimentation devrait marquer, toujours selon Bloomberg, une nouvelle étape dans la transformation de General Motors, pour passer du statut de « constructeur » à celui de « fournisseur de mobilité ».

La plateforme Maven propose déjà plusieurs services de mobilité dans des grandes villes nord-américaines. Elle permet par exemple de louer, avec son smartphone, des voitures garées sur des emplacements dédiés au cœur des villes. Mais jusqu’ici, ces véhicules étaient la propriété de General Motors et il n’était pas possible de louer des voitures d’autres particuliers.

2PSA vise en 2018 plus d’un million d’utilisateurs de son appli d’autopartage

Connaissez-vous Free2Move ? Cette application lancée par PSA en 2017 dans plusieurs pays européens a déjà été téléchargée 650 000 fois, selon le constructeur. Elle regroupe les différentes solutions d’autopartage à proximité. En France, par exemple, l’application affiche sur un même écran voitures, scooters et vélos proposés par Autolib, Koolicar, Communauto, Drivy ou encore Vélib’. En tout, Free2Move donne accès à 22 services de mobilité dans 16 grandes villes, indique L’Usine Nouvelle.

PSA estime que l’application passera le cap du million de téléchargements avant la fin de l’année. Elle permet notamment au constructeur de mieux comprendre les usages des adeptes des solutions d’autopartage.

Free2Move est une marque à part entière du groupe PSA. En plus de cette application pour le grand public, elle regroupe des services professionnels de leasing, d’autopartage en entreprise et de gestion de flottes de voitures connectées.

3Renault dévoile son concept de robot-taxi

Renault a présenté en mars dernier, au salon de l’auto de Genève, son concept de robot-taxi autonome, baptisé EZ-GO. « L’engin a, grosso modo, les dimensions d’une berline, mais sans volant ni pédales, comme il se doit pour un véhicule autonome », décrit le journal Les Échos (voir l’image ci-dessus).

Capable d’accueillir 6 personnes, avec bagages et poussettes, un taxi EZ-GO pourra se réserver depuis son smartphone grâce à une appli dédiée. « Nous serons à même d’opérer une flotte de ce type en 2022 », assure Christian Ledoux, chargé de la mobilité au sein de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

Science-fiction ? Tous les constructeurs automobiles, ou presque, ont un projet de ce type dans leurs cartons, persuadés que les taxis autonomes sont l’avenir de la mobilité. D’après une étude du cabinet de conseil en stratégie Roland Berger, publiée fin 2017, les ventes de voitures neuves dans le monde pourraient chuter de 32 % d’ici 2030, en raison justement de l’émergence des robots-taxis.

« Avoir une voiture pour rouler vingt minutes par jour en moyenne, c’est une hérésie sur le fond », constate Olivier Hanoulle, analyste principal chez Roland Berger. « Un déclic interviendra quand les clients considéreront qu’ils auront assez d’alternatives pour se passer de la possession d’une voiture. Aujourd’hui, ce n’est pas encore le cas », poursuit-il, estimant que le robot-taxi pourrait être l’élément déclencheur.

Au-delà de l’innovation technologique, ce sont aussi de nouveaux business models que devront trouver les marques automobiles, ces voitures taxis autonomes n’ayant pas vocation à être vendues à des particuliers. Les constructeurs pourraient éventuellement devenir des opérateurs de flottes de taxis, en partenariat avec des collectivités.

4Un des prochains modèles de Porsche sera-t-il un taxi volant ?

Vous avez du mal à croire que des flottes de robots-taxis autonomes arpenteront les rues d’ici quelques années ? Le projet de Porsche va encore plus vous étonner : selon le journal Automobilwoche, repris par Le Monde, le constructeur allemand se serait lancé dans la conception d’un drone-taxi capable de voler en mode autonome, transportant plusieurs passagers.

Et Porsche n’est pas le seul à montrer des signes d’intérêt pour les taxis volants autonomes. Airbus travaille par exemple sur plusieurs concepts, notamment le CityAirbus (en photo ci-dessus). Boeing est également sur les rangs. Sans oublier Uber : début mai 2018, la plateforme de VTC a même annoncé qu’elle prévoyait de mettre en service dès 2023 un taxi volant autonome et électrique. Une date qui semble bien trop optimiste pour les experts interrogés par Le Monde.

Mais Uber multiplie néanmoins les partenariats, notamment avec l’armée américaine, pour avancer sur ce projet qui verrait l’installation de « vertiports » sur les toits d’immeubles, d’où décolleraient et atterriraient les taxis volants… C’est peu dire que les questions règlementaires sont encore nombreuses à devoir être réglées !

5Un abonnement mensuel pour rouler dans la Mercedes de son choix

À plus court terme, les constructeurs automobiles repensent leurs business models pour proposer aux conducteurs des systèmes d’abonnement mensuel. C’est ce que s’apprête à expérimenter Mercedes dans deux de ses plus grandes concessions en Allemagne, avec un projet baptisé « Mercedes me Flexperience ».  Chaque mois, le client paiera un loyer, comprenant l’assurance, la location, l’entretien et un forfait de 36 000 kilomètres au total sur l’année. Mais plutôt que de ne disposer que d’une seule Mercedes, le conducteur pourra changer de voiture selon ses envies et ses besoins, au sein d’une gamme de douze modèles. Il aura à sa disposition des Classe A, des Classe C, des Classe E et des Classe S, dans différentes configurations, de la berline au cabriolet.

Le prix de l’abonnement n’est pas connu pour l’instant. Mais d’autres constructeurs ont déjà lancé des initiatives équivalentes. Cadillac a été le premier en 2017 à proposer à New York un abonnement de 1 500 dollars par mois pour rouler dans la voiture de son choix, et pouvoir en changer à son gré. Toujours aux États-Unis, Porsche et BMW ont repris l’idée, avec des abonnements commençant à 2 000 dollars par mois.

Ces abonnements reviennent plus cher qu’un emprunt qui permettrait d’acheter le véhicule. Mais ils comportent des services en plus, comme l’assistance, et même la livraison du véhicule souhaité à l’adresse de son choix (et la reprise de l’ancien). Ces offres sont d’abord conçues pour une clientèle jeune et aisée, qui recherche le standing et le confort d’une voiture haut de gamme, sans les contraintes liées à la propriété.