La sobriété est loin d’être uniquement matérielle, elle est un tout dont la dimension sociale occupe une place prépondérante. De plus en plus perméables à leur environnement, les organisations prennent conscience de l’influence positive qu’elles peuvent exercer, des capacités et de la puissance qu’elles possèdent pour devenir des actrices incontournables du changement aussi bien dans leur secteur d’activité qu’à une échelle beaucoup plus globale. Peu à peu, l’entreprise devient cette personne morale qui se tourne vers le bien commun et l’intérêt général. En d’autres termes plus forts et encore émergents, elle se politise parce qu’elle affine ses opinions traduites par des actes fondateurs qui ont une portée d’utilité sociale. Cette introspection entrepreneuriale a été facilitée par la loi Pacte, votée en 2019. Cette loi a en effet pour but de mieux concilier croissance et transformation écologique des entreprises. Cheffe de file des entreprises à mission, la Camif a fait le choix, dès 2017, de se doter d’une raison d’être et d’exposer clairement son engagement. Cette entreprise de mobilier, basée à Niort, propose exclusivement des meubles conçus localement dans des matériaux durables issus des réseaux de l’économie circulaire. Des entreprises de plus grande ampleur comme Danone, le Slip Français, Yves Rocher ont rallié le mouvement et font bouger chacune à sa manière les lignes pour dessiner un nouveau modèle d’entreprise. Bref, l’entreprise n’est plus refermée sur elle et commence à composer avec le monde qui l’entoure au moment où éclatent crises sanitaires et écologiques, guerre aux portes de l’Europe, pénuries par manque de souveraineté économique.