Image d'une enseigne Colruyt

Tendances

  • 3 minutes

Colruyt Group mise sur le chariot intelligent : une automatisation douce du point de vente

Avec le déploiement de chariots connectés capables de scanner automatiquement les produits, Colruyt fluidifie le parcours d’achat sans supprimer les repères traditionnels comme la caisse. Une approche hybride qui s’impose progressivement dans le retail alimentaire.

Le distributeur belge Colruyt Group accélère le déploiement de ses chariots intelligents après des tests concluants. Ces dispositifs permettent aux clients de scanner leurs articles au fil du parcours, réduisant l’attente en caisse sans pour autant la faire disparaître. Une évolution notable dans un secteur où les modèles 100% autonomes peinent encore à convaincre à grande échelle.

Ce choix illustre un repositionnement progressif des enseignes vers des solutions dites « augmentées » plutôt que « disruptives ». Là où Amazon avait popularisé le concept de magasins sans caisse avec Amazon Go, plusieurs acteurs semblent aujourd’hui privilégier des formats hybrides, jugés plus acceptables pour les clients et plus simples à déployer opérationnellement.

Le chariot devient ainsi un levier d’innovation discret mais stratégique.

En France, cette logique s’observe de manière plus indirecte depuis plusieurs années. Dès 2020, Monoprix introduisait le « lâcher de chariot », permettant aux clients de finaliser leurs achats sans passer par une caisse classique, le panier étant pris en charge logistiquement pour livraison. Une approche qui déplace la contrainte sans transformer radicalement le geste d’achat, et préfigure ces innovations incrémentales.

Aux États-Unis, Walmart ou encore plusieurs enseignes régionales testent des chariots intelligents intégrant écrans, suivi budgétaire et paiement embarqué. Ces dispositifs permettent notamment aux clients de visualiser en temps réel le montant de leurs achats et de finaliser leur passage en magasin directement depuis le chariot.

Mais un nouveau cap technologique est en train d’être franchi. Instacart, en partenariat avec NVIDIA, transforme ses « Caper Carts » en véritables terminaux d’edge AI. Concrètement, les chariots embarquent désormais des capacités de calcul permettant d’analyser en temps réel les produits ajoutés, les comportements d’achat et même l’environnement magasin. 

Ces dispositifs reposent sur un ensemble de technologies combinées : caméras, capteurs, balances intégrées et intelligence artificielle embarquée capables de reconnaître automatiquement les articles déposés dans le chariot. Au-delà du simple scan, ils ouvrent la voie à des fonctionnalités plus avancées : recommandations personnalisées, suggestions de produits en temps réel ou encore optimisation du parcours en magasin.

Plus largement, Instacart évoque la construction d’un « grocery world model », un système d’apprentissage continu alimenté par les données issues des chariots en magasin, connectées aux plateformes e-commerce. Une convergence qui transforme le chariot en capteur de données à part entière, au croisement du physique et du digital.

 

Pourquoi c’est intéressant ?

Ces évolutions traduisent un basculement : le point de vente ne se digitalise plus uniquement à travers des dispositifs visibles (bornes, caisses automatiques), mais via des objets du quotidien augmentés, capables d’intégrer la complexité technologique sans la rendre perceptible.

 

Sources : Retail - Progressive-Grocer
Crédit photo couverture : ©Adobe Stock

Aimez & partagez cet article

Vous aimerez aussi

  • Photo de Hugues Laurençon créateur de la marque Kiko Milano

    5 minutes de lecture

    Interview

    Hugues Laurençon (Kiko Milano) : « Nous voulons devenir la plus accessible des grandes marques de maquillage »

    Connue pour la créativité et les couleurs de sa gamme de maquillage, l’entreprise italienne Kiko Milano accélère sa transformation. La marque revendique un changement de statut : passer d’un modèle de retailer à celui d’une marque globale, capable de rivaliser avec les grands acteurs du luxe tout en restant accessible. Distribution sélective, désirabilité, rôle du magasin physique à l’ère du e-commerce et de l’IA : Hugues Laurençon, directeur général France, Belgique et Pays-Bas, détaille la stratégie déployée sur le marché français

  • Photo de Tristan Ehringer

    5 minutes de lecture

    Interview

    Tristan Ehringer, directeur marketing groupe Unibail-Rodamco-Westfield

    Avec plus de 900 millions de visites par an dans une soixantaine de centres commerciaux, Unibail-Rodamco-Westfield fait face à un défi : adapter une marque mondiale aux attentes locales de chaque public. Comment l’IA peut-elle renforcer cette proximité, affiner la créativité publicitaire, et enrichir l’expérience dans les centres Westfield ? Tristan Ehringer, Directeur Marketing du groupe, explique comment il met cette technologie au service de l’inspiration, de l’interactivité… sans jamais renoncer au rôle de l’humain.

  • Photo de Romain Roulleau

    4 minutes de lecture

    Décryptage

    Face à la logique disruptive des agents IA, Kingfisher se montre offensif

    Alors que l’IA agentique bouleverse le commerce en automatisant recherche, recommandation et achat, Kingfisher fait un choix singulier : réinventer le magasin comme cœur battant de l’expérience client. Le groupe articule e-commerce, marketplace, et conseil client grâce à une stratégie data-driven. Romain Roulleau, Directeur Digital et E-commerce du groupe, explique pourquoi Kingfisher ne craint pas la nouvelle ère de l’IA agentique, en misant sur la croissance et l’innovation.