Comment les territoires se réinventent pour devenir plus résilients

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Comment les territoires se réinventent pour devenir plus résilients

Certains territoires s’inspirent de mécanismes à l’œuvre dans la nature pour mener des initiatives visant à renforcer leur robustesse environnementale, sociale et économique et leur attractivité, comme le fait le pays de Grasse avec le projet Régen’ère Azur.

[Interview extraite du Mag Réinvention]

Un site pilote de revitalisation socioécologique urbaine ; une contribution à l’indépendance énergétique des Alpes-Maritimes et, sur un plan plus sociétal, un laboratoire de formation au vivant et à l’innovation. Ce sont les trois programmes identifiés à l’issue de la première phase de Régén’ère Azur, un projet de revitalisation territoriale entamé en septembre 2022, qui vient compléter les démarches d’efficience environnementale et sociale et de neutralisation des impacts négatifs incompressibles à l’échelle du territoire. « En matière de CO2, de biodiversité ou d’eau, de nombreuses structures visent l’impact zéro, observe Charlotte Daeffler, présidente du Club des Entrepreneurs du Pays de Grasse, l’un des porteurs du projet en partenariat avec le centre de recherche-action LUMIÅ et le cabinet de sociologie Change it Use it ; avec Régen’ère Azur, nous voulons aller plus loin. »

Le projet est soutenu par l’Ademe PACA et la Communauté d’agglomérations du Pays de Grasse. « Le club des entrepreneurs de Grasse travaille sur la RSE depuis 25 ans pour développer l’attractivité du territoire en synergie avec les communautés d’agglomérations », rappelle Charlotte Daeffler. En lien avec l’activité de parfumerie et la réimplantation de plantes à parfum, le territoire est intimement relié au vivant. Prévu sur trois ans, Régén’ère Azur vient de boucler le programme dense de sa première année : un diagnostic territorial partagé, le recrutement de soixante acteurs représentant le secteur public, entreprises, associations et citoyens ; l’identification de projets concrets ; la conduite d’entretiens ; des ateliers de sensibilisation ; la visite de la BioVallée de la Drôme, haut lieu de coopération territoriale autour d’expérimentations sociales (Compagnons de la Terre, écolieux, centrales villageoises solaires, etc.) et d’une vision transformative fondée sur la coopération entre acteurs (travail avec des universités, développement d’observatoires de bonnes pratiques, réseau des biodistricts européens…). Cette année a aussi permis la rédaction de deux documents « États de l’art ». L’un recense des exemples français (la Biovallée drômoise) et étrangers (le Costa Rica) de territoires qui se réinventent selon les logiques du vivant, l’autre sur les facteurs de réussite de tels projets, notamment une gouvernance partagée, une évaluation au fil de l’eau avec les parties prenantes ou encore l’identification des premiers petits pas réalisables à court terme.

Un diagnostic partagé et une coopération entre acteurs

Régén’ère Azur a été sélectionné dans le cadre d’un « appel à communs* » de l’Ademe de 2021, dédié à la résilience des territoires. « Les appels à communs modifient la façon de conduire des projets », précise Émilie Le Fur, en charge de l’alimentation durable et de l’adaptation au changement climatique à l’Ademe PACA. Déposés sur une plateforme, ils y sont soumis au débat, ce qui développe la culture de la coopération, y compris entre des acteurs qui ont traditionnellement du mal à échanger. Par exemple, les collectivités locales et les acteurs économiques, justement rassemblés au sein de Régén’ère Azur. Autres signes positifs : les porteurs du projet sont passés de la recherche-action à l’action concrète ; ils sont en contact avec d’autres financeurs que l’Ademe ; ils mènent des opérations de sensibilisation telles que le voyage organisé dans la BioVallée. « C’est particulièrement bon signe lorsque, comme ici, l’Ademe finance à parts équivalentes de l’animation, des outils de communication et des experts (notamment des sociologues) », souligne Émilie Le Fur. Nul doute que ces pionniers soient appelés à se multiplier dans les prochaines années.

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