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E-commerce : le marché du réutilisable s’emballe

28/03/2024

Colis à usage unique, logistique… Le e-commerce, en plein essor, a des impacts environnementaux importants. En France, le développement de solutions d’emballages réutilisables s’efforce d’y apporter des réponses.

1,5 milliard de colis ont été expédiés en France en 2022, et quasiment autant de cartons ou de plastiques souples jetables. Souvent par conviction, mais aussi pour se préparer aux exigences réglementaires de la loi AGEC (-20% de plastique à usage unique en 2025, dont la moitié grâce au réemploi) et du Pacte vert européen (10% d’emballages de transport réutilisables en 2030), l’heure est à la recherche de solutions plus responsables. Notamment, des emballages réutilisables, prévus pour une centaine d’utilisations. « La France est pionnière, grâce à une loi AGEC ambitieuse et à la collecte performante des emballages vides », précise Charlotte Darmet, co-fondatrice d’Opopop, l’un des acteurs du marché français. Ce retour des emballages auprès des e-commerçants, qui les remettent en circulation après les avoir remis en état, est déterminant pour l’impact du système. 

Le retour des emballages vides facilité 

En réponse à ces nouveaux enjeux, de nouvelles solutions se développent. Ainsi, l’offre RER (Retour des Emballages Réutilisables) développée par La Poste a rendu ce retour plus simple pour le consommateur final et moins onéreux pour les e-commerçants. « Les emballages répondant à notre cahier des charges peuvent être déposés dans l’une des 135 000 boîtes aux lettres de rue, puis suivre le flux de courrier habituel », détaille Laurence Conq, directrice de projets d’économie circulaire. À la clé, des tarifs nettement plus avantageux que le Postréponse*.

La Poste teste les prototypes proposés par les différents fournisseurs de solutions pour déterminer s’ils sont mécanisables ou nécessitent une opération manuelle.

Pour devenir partenaire de La Poste et en bénéficier, les emballages (enveloppes souples ou boîtes plus rigides) doivent respecter des dimensions maximales afin, une fois pliés, d’entrer dans les boîtes aux lettres pour leur retour à vide. Certaines solutions peuvent en outre bénéficier du label Reposte créé avec Colissimo « qui distingue les emballages selon des critères RSE (origine des matériaux, nombre de cycles ou rotations) et techniques », précise Laurence Conq.

Plusieurs modèles expérimentés

Tous les emballages portent un code permettant de les suivre à la trace, chaque acteur testant un modèle différent. Le pionnier français est Hipli qui propose des emballages en polypropylène et compte déjà 450 000 colis en circulation jusqu’à 100 fois réutilisable.

Près de 90% de CO2 en moins

Les principaux clients de ces solutions sont des e-commerçants responsables qui incluent la logistique dans leur démarche. D’ailleurs, comme le rappelle son co-fondateur Pierre Malbranque, Reutec s’est créé en 2021 à partir d’un projet d’upcycling textile. Le dernier-né du marché français vise 5 à 10 000 colis d’ici fin 2024, y compris pour de la logistique interne. Il se distingue par du sur-mesure et une personnalisation de ses colis qui « redonne du pouvoir aux marques ». Comme Opopop, Reutec fabrique ses emballages à partir de stocks de textiles dormants et travaille avec des entreprises adaptées (ESAT). Ce choix améliore encore l’impact carbone de la solution, certifié par une analyse de cycle de vie. Hipli affiche une baisse de 83% par rapport à l’emballage carton recyclé (le plus « responsable » des emballages jetables), Opopop, de 89%. Celle de Reutec est en cours.

Autre acteur du marché, Kvatt, une entreprise anglaise fondée par le Suisse Gianfranco Bächtold, qui développe des emballages souples enregistrant 75% de taux de retour à vide et affiche 80 000 livraisons dans une dizaine de villes.


*Le Postréponse est une solution de retours de documents ou de petites marchandises via un courrier préaffranchi, réservé aux entreprises.
 

Crédits : © Hipli

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