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Le mouvement : explorer pour mieux s'ancrer

14/06/2022

Mouvement : geste qui suggère de faire un pas de côté. Qu’il soit corporel, artistique, social, politique, le mouvement implique un passage, un glissement d’un point à un autre. Du changement à la prise de position, la mécanique du mouvement amène, paradoxalement, à se fixer et à cultiver un sentiment d’appartenance. À un territoire, à une cause, à une pensée.

Mouvements de pensée, courants de pensée

Les êtres humains sont voués à se déplacer, en témoigne la marche automatique qui figure parmi le réflexe archaïque le plus fascinant du nourrisson. Du plus lointain des âges, les mouvements migratoires ont façonné les territoires, fusionné les connaissances et favorisé les rencontres. Se déplacer est un prérequis incontournable pour construire une société et imaginer l’avenir dans un mouvement collectif. Mais à l’heure où les déplacements sont remis en cause par l’impératif écologique, il faut revoir l’échelle et la fréquence de notre mobilité. Une équation pas si simple à résoudre…

Mobilité des corps, le mouvement collectif de tous les possibles

« L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant », pour reprendre la plus célèbre citation de Blaise Pascal, philosophe du XVIIe siècle qui suggère que la faculté de pensée donne à l’humain sa dignité. Conscient de sa finitude, il s’élève au-delà de la nature. Notre histoire commune peut être transmise uniquement parce qu’elle est segmentée par des époques caractérisées par des courants de pensée artistiques, philosophiques, littéraires, économiques, etc. L’existentialisme, le libéralisme, le féminisme sont le fruit de coalitions de consciences qui se sont associées pour faire émerger une idéologie et la propager à de nouveaux cercles d’adhérents. Le siècle des Lumières en est à ce jour la plus belle démonstration.

La politique : le plus sédentaire des mouvements

La frontière entre le mouvement social et la politique peut être ténue. À ceci près qu’un parti convoite l’exercice du pouvoir. Bastion dans lequel circule des opinions mais aussi des intérêts communs, il cherche à se structurer pour exister dans la durée, s’entoure de sympathisants pour faire circuler ses idées et attire des militants pour faire vivre le parti hors les murs. On parle souvent de famille politique, le sentiment d’appartenance y est donc très fort, si bien qu’il devient difficile de s’en extraire sans marquer une franche rupture. Adhérer à un mouvement politique permet de consolider ses idées et de structurer sa pensée mais également de la figer si l’ensemble du groupe ne la fait pas évoluer dans  la même temporalité.

Mouvements sociaux et citoyens : une vague fédératrice

Les mouvements impulsés par la société civile naissent pour rompre un statu quo et faire évoluer le contrat social d’un corps de métier, d’une frange de la population mais rarement d’une nation entière. Les mouvements contestataires fascinent par leurs capacités d’organisation et de soulèvement : créer une nouvelle dynamique parfois douloureuse pour construire les conditions d’un monde plus acceptable. Mais pour qui, comment, jusqu’à quand ? Éternels doutes qui donnent aux mouvements leur complexité. En revanche, ils restent fondateurs pour une société quand ils participent à son évolution dans sa dimension la plus constructive.

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