Comment le meilleur des deux mondes peut-il se rencontrer pour servir au mieux les intérêts de l’entreprise, des collectivités et d’une société entière ? Plus que de valeurs dites féminines ou masculines, le leadership d’aujourd’hui fait son introspection, se nourrit de divers courants de pensée et s’inspire de figures plus ou moins proches de lui. Désormais, c’est la combinaison de valeurs qui va construire l’âme du leader et sa capacité à guider plutôt qu’à diriger. Prenons l’exemple de l’Islande, sinistrée par la crise économique de 2008. Son système bancaire s’est effondré et les élites politiques avec. La société civile a tout remis en cause, balayé le pouvoir en place, réformé la vie politique et sociale avec une place plus importante attribuée aux femmes. Dix ans après, en 2018, le pays affichait un taux de chômage à 1 %, une croissance à 5 % et des investissements en hausse. Naturellement, la crise sanitaire a changé la donne avec une très forte baisse de la fréquentation touristique et un PIB largement à la baisse. Néanmoins, l’exemple du pays reste inspirant sur la façon dont il a réussi à redresser la barre grâce à de nombreuses lois visant la parité des genres. Au lendemain de la crise, la Première ministre Jóhanna Sigurðardóttir et son équipe challengent les lois en place, poussent le curseur plus loin sur le congé parental égalitaire (3 mois pour la mère, 3 pour le père et 3 mois à se répartir) et – coup de maître – imposent l’égalité des salaires hommes-femmes avec certification d’une norme à l’appui. Ce modèle ne fait pas la démonstration de la puissance du leadership des femmes parce qu’il est incontestable mais montre bien la possibilité de changer les paradigmes dans de nombreuses franges de la société. Dans le cas de l’Islande, la démonstration est implacable. La dynamique paritaire se révèle plus qu’efficace et cette alliance femmes-hommes est porteuse d’espoir pour bousculer nos modèles actuels.