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Luc Carvounas, maire d'Alfortville « Les entreprises ont un rôle à jouer pour aider les communes à aller vers tous les citoyens »

En s’appuyant sur les entreprises très implantées dans les territoires, les collectivités peuvent proposer de nouveaux services à la personne. Alfortville envisage de mettre en place une mutuelle communale pour faciliter l’accès aux soins, comme l’explique Luc Carvounas, son maire, qui est aussi un fervent défenseur des services publics accessibles et inclusifs. 

Comment adaptez-vous les services publics pour atteindre les populations isolées ou en difficulté ? Quels outils spécifiques mettez-vous en œuvre pour identifier leurs besoins ?

Luc Carvounas – La commune d’Alfortville et ses partenaires ont travaillé à une analyse des besoins sociaux (ABS) de ses habitants pendant l’été 2021. Cette démarche marquait la volonté des élus, des équipes de la ville et du CCAS (centre communal d’action sociale, NDLR) de poursuivre leurs efforts pour mieux connaître les attentes et les besoins des habitants en matière de politiques de solidarité. Les services publics s’en servent depuis pour diversifier leur mode d’action. Ils multiplient les rencontres avec les associations locales qui accueillent d’autres publics que ceux qui sont connus des services sociaux. Ils organisent des actions « hors les murs » sur des lieux fréquentés, comme la gare, le marché, pour des actions de prévention, des dépistages, des informations sur les droits : « mars bleu » (dépistage cancer colorectal), « juin vert » (cancer du col), journées d’information sur le sida, forums sur l’accessibilité… De plus, le CCAS renforce ses liens avec la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS), les commerçants, les gardiens d’immeuble et la police pour repérer les situations de difficultés ou d’isolement.

Nous mettons également en place, dans un premier temps auprès du public senior et du public en situation de handicap, un nouveau dispositif géré par le CCAS : « L’heure civique », avec l’association Voisins solidaires. Ce dispositif met en relation des citoyens bénévoles et des personnes ayant besoin d’un service ponctuel et il aide à repérer des personnes en difficulté. Le CCAS peut ainsi s’appuyer sur ce réseau de bénévoles notamment pour organiser des actions collectives.

 

Quel rôle les entreprises peuvent-elles jouer pour améliorer la qualité des services de proximité rendus aux habitants ? 

L. C. – Elles peuvent participer à de nombreuses actions de prévention, en fonction de leur activité. Par exemple, nous allons solliciter les enseignes d’opticiens et d’audioprothésistes de la ville pour une rencontre de prévention santé destinée aux jeunes et aux aînés. Les commerçants seront sollicités pour offrir des avantages au public senior dans le cadre de la mise en place d’un pass senior. Les bailleurs sociaux et les gestionnaires de copropriété ont également un rôle à jouer dans le maillage social, notamment avec l’exonération de la taxe foncière 2024 sur les propriétés bâties dans nos Quartiers Politiques de la Ville (QPV). Nous envisageons aussi un partenariat avec une mutuelle pour mettre en place une « mutuelle communale » qui facilite l’accès aux soins. Enfin, les entreprises ont la possibilité d’effectuer des dons aux CCAS pour les aider à lancer de nouvelles actions avec des moyens financiers supplémentaires. Ces exemples de partenariats ne sont pas exhaustifs.

 

Les CCAS jouent un rôle central dans l’aide aux habitants. Comment des collaborations comme celles avec La Poste peuvent-elles élargir leur champ d’action et atteindre de nouveaux publics ?

L. C. – Pour être efficace, l’offre des entreprises doit être complémentaire de celle qui est mise en place par les services sociaux et qui est ajustée à chaque territoire. Il se trouve que dans nos communes, La Poste jouit d’une forte notoriété : elle a construit une relation de confiance avec l’ensemble de la population, et cette relation aide à atteindre tous les publics. La mutation du métier de facteur, engagée par son PDG Philippe Wahl, vers un métier d’« agent social » plus proche du terrain et des habitants, et les nouveaux services qui l’accompagnent, comme le dispositif de portage de repas, sont autant d’évolutions qui vont dans le bon sens. 

 

Biographie

Luc Carvounas, maire d’Alfortville depuis 2012 (avec une parenthèse entre 2017 et 2020), a également été sénateur du Val-de-Marne de 2011 à 2017 et député de 2017 à 2020. Président de l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas), il milite pour des politiques sociales inclusives et durables. En collaboration avec La Poste, il développe des initiatives concrètes : visites des facteurs pour rompre l’isolement, distribution de kits éco-gestes et promotion des mobilités douces. Son action reflète une vision moderne des services publics de proximité.

 

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