Là où l’interaction était le plus souvent souhaitée par les collaborateurs, le leadership souverain ne se souciait guère du relationnel, la décision était délivrée sans tenir compte de la façon dont elle était transmise et donc reçue. L’heure est désormais à la puissance du collectif, la diffusion et la perception des messages sont donc essentielles pour tisser un relationnel de qualité. Les communautés sur les réseaux sociaux sont le meilleur exemple de ce leadership plus diffus et beaucoup moins statutaire, où les figures de proue se nourrissent des échanges avec leurs abonnés et évoluent avec eux. L’analogie avec l’entreprise se comprend assez bien dans la mesure où le nouveau leadership consiste à réhumaniser les personnes qui l’incarnent. On parle davantage de leadership humain et bienveillant mettant en avant des capacités d’écoute, d’empathie, de confiance et de transparence. Le leader d’aujourd’hui s’expose davantage en tant que personne plutôt qu’en figure d’incarnation du pouvoir. Il est nécessaire d’avoir une profonde solidité intérieure, une connaissance et une maîtrise de soi pour s’exposer, se tromper, s’avouer vulnérable. On pense à Arthur Sadoun, président du directoire de Publicis, qui n’a jamais fait un tabou de son cancer, survenu en mars 2022, et qui par ses prises de position fait progresser l’image de la maladie et du cancer en entreprise. Jacinda Ardern, Première ministre de Nouvelle-Zélande depuis 5 ans, a annoncé sa démission surprise en septembre dernier en mentionnant l’état d’épuisement dans lequel elle se trouvait. “Je reste humaine”, a-t-elle prononcé… Et tout aussi charismatique !